Le syndrome de l’imposteur

Parcours d’une interne en psychiatrie
Claire Le Men
Claire Le Men
La Découverte
2019
Album broché de 96 pages au format 17×23,5 cm.

L’album « Le syndrome de l’imposteur » traite du sentiment d’être illégitime d’occuper un poste. Psychiatre, l’auteur s’inspire de son histoire personnelle lors de son internat.
Lucile, jeune interne en médecine, arrive pour son premier jour, dans un hôpital psychiatrique. Elle est heureuse car elle a fini de bachoter, fini aussi l’humour carabin, les gestes techniques qu’elle ne maitrise pas. Elle débute avec enthousiasme en pleine grève hospitalière, n’est-elle pas attendue tel le messie?
Adieu le corps et ses maladies, vive le psychisme l’esprit et l’intellect. Les psychiatres, selon elle, correspondent à de multiples personnalités (pages hilarantes), caractères, pas comme les autres spécialités assez uniformes.
Après le concours national classant les étudiants pour choisir leur premier stage, Lucile, un peu par hasard se retrouve dans une UMD: Unité pour Malades Difficiles en psychiatrie. Accueillie par la chef de service, Gabrielle, celle-ci lui présente les 3 bâtiments dédiés aux hommes et celui pour les femmes, tous et toutes sont placés sur décision de justice pour leur dangerosité.
Dans le numéro 1, le plus strict, tout est fermé à clé dans ces locaux, tous les meubles sont fixés au sol, pas de lacets, pas de couteaux ni fourchettes lors des repas, uniquement des cuillères. En cas de crise, les résidents sont souvent fortement « assommés » par les neuroleptiques dans les autres bâtiments mais le cadre très strict et minimaliste de celui-ci permet de réduire les traitements. Les autres bâtiments proposent des activités occupationnelles. Le 3 est celui de la resocialisation.
Les sorties potentielles de ces malades sont du ressort du juge des libertés.
Si ce cadre pourrait effrayer la jeune interne, il très agréable avec un jardin fort joli, et seuls 3 à 5% des violences sont provoqués par des individus ayant des troubles psychiatriques. Lucile sera sur le pavillon 1 le matin, les hommes entrants, et le bâtiment 4 l’après-midi, celui des femmes. En fait l’intégration dans des équipes si différentes n’est pas chose aisée, d’autant qu’elle fait suite à de nombreux internes passés avant elle avec leurs qualités et surtout leurs défauts.
Le lendemain, elle mènera ses premiers entretiens et le stress commence à l’envahir, car elle est dorénavant « docteur » pour le personnel et les malades, bien que non encore thésée. Ce titre de docteur » lui semble illégitime.
Avoir ses premiers entretiens alors qu’elle ne sait que répéter ce qu’elle a observé lors de ses précédents stages lui donnent l’impression d’être un imposteur! Elle doute de sa légitimité, de ses compétences, à l’impression de duper son entourage.
Déjà au bac, sa mention très bien c’est parce qu’elle était tombée que sur des sujets qu’elle connaissait, la réussite à sa première année de médecine c’est uniquement car elle travaillait avec Juliette qui préparait des fiches. Elle est donc là par erreur, un concours de circonstances.
Elle doute souvent de ses choix, ses connaissances.

Un album qui apporte des informations intéressantes sur les unités pour malades difficile et sur ce syndrome de l’imposteur.

psychiatrie, syndrome de l'imposteur
Copyright Le Men/La Découverte
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