Ca va merveilleusement bien

La vie est compliquée du coup je l’ai dessinée
Ruby Elliot
Ruby Elliot
Jouvence
2020
Album broché de 254 pages au format 16,5×20 cm.

« Ca va merveilleusement bien » est l’histoire de Ruby, jeune illustratrice, dessinatrice anglaise, elle a toujours été, autant qu’elle s’en souvienne, un jeune fille facilement émotive, bouleversée, peu sûre d’elle, sarcastique, dépressive, se dévolarisant.
Tout a débuté il y a de nombreuses années, quand elle était adolescente, sa première dépression qui faisait suite à des troubles alimentaires, la rend amorphe, incapable de s’intéresser  à quoi que ce soit. Elle fera un séjour en hôpital psychiatrique à 16 ans, écrasée par ses pensées négatives, un sentiment d’inutilité et  de son existence dénuée de sens.
Un sentiment de devoir marcher, flâner pour essayer d’échapper à une mort inéluctable.
On trouve dans cet album des recettes comme le « smoothie émotionnel » fait de tristesse, de peur, de larmes, de solitude…que l’on boit et qui colle au fond de la gorge, des conseils comme répondre à toutes les questions uniquement par « oui » ou « non ».
Ruby a conscience qu’elle n’est pas comme les autres, elle doit lutter à chaque instant pour arriver au niveau des autres, ce qui l’épuise, la frustre.  Lutter contre sa réticence à avancer, la détestation de ses choix. Accablée par ses défauts, ses échecs qu’elle amplifie, elle en arrive à s’y complaire.
Elle excelle dans l’art de se faire des « vacheries » , de ne pas s’occuper d’elle, de penser que de ne pas être parfaite signifie que c’est une catastrophe, sans demi mesure, jusqu’à se faire du mal, se scarifier, s’automutiler pour transformer sa douleur mentale intangible en souffrance physique quantifiable.
Dans cette noirceur il y a quelques endroits où elle se sent bien comme un banc dans un parc, face à un café crémeux.
L’auteur aborde aussi les séances de thérapie qu’elle perçoit comme une aide utile, ses rapports complexes à la nourriture. Son image corporelle qui est particulièrement perturbée, croulant sous les dysmorphies.
Plus tard on l’informe qu’elle soufre de bipolarité.

Une livre assez complexe à aborder par son manque de linéarité, ses dessins minimalistes, mais sincère et instructif sur ce que peut vivre une personne dépressive.

Dépression
Copyright Elliot/Jouvence
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