Les aventures d’un patient sans peur et sans reproche
Florence Heimburger, Martial Maury
Jean-Christophe Mazurie
Editions du Rocher
2024
Album broché de 96 pages au format 19,5×25,5 cm.
Martial, quinquagénaire heureux vit tranquillement sa vie de père au foyer en profitant de la vie quand sa vie bascule. D’abord insidieusement comme le besoin d’une paire de lunettes. Puis la fatigue qu’il pense venir de son rythme de vie trépidant. Il a toujours faim et soif mais maigrit! Et même quelques problèmes d’érection.
Bref cela finit par l’inquiéter, il va donc consulter son médecin traitant. Celui-ci lui fait une glycémie au doigt et l’envoie de suite à l’hôpital tant elle est élevée.
Il entre dans une maladie à vie. Arrivé à l’hôpital, Martial se retrouve avec une pompe à insuline. Les jours qui suivent sont occupés par les examens, les traitements, les repas spécifiques. Il découvre rapidement qu’il devra se piquer à l’insuline toute sa vie, plusieurs fois par jour. Son moral en prend un coup et la diététicienne finit par l’achever avec ses recommandations et interdictions.
Tout ce qu’il doit rapporter de la pharmacie est assez volumineux: aiguilles, stylo piqueur, lecteur de glycémie, languettes, insuline… Toute une routine pluriquotidienne doit être mise en place. Débute l’angoisse des contrôles glycémiques qui doivent être dans les limites optimales et conditionnent la dose d’insuline à s’injecter, d’autant que ce n’est jamais simple à calculer. La nourriture aussi doit être adaptée, finis les repas en excès et conviviaux.
Avantage du diabète, Martial s’est remis à la marche, au golf. Faire sa glycémie trois fois par jour est dorénavant plus facile et moins fastidieuse avec les progrès technologiques tel le capteur au bras relié au smartphone.
Les consultations chez le diabétologue, l’ophtalmologiste se déroulent une fois par an avec appréhension. D’autant qu’un début d’occlusion de la veine centrale de la rétine, qui peut le rendre aveugle, nécessite une injection intra-oculaire à plusieurs reprises toutes les six semaines.
Il doit surveiller aussi ses pieds qui peuvent être victimes de neuropathie entrainant une perte de sensibilité qui peut conduire à l’amputation! Cela passe par des consultations chez le pédicure-podologue. Mais ce n’est pas tout, Martial réalise que son diabète attaque ses artères, ses reins, ses dents…Et autant de consultations spécialisées.
Autre difficulté, se faire son insuline quand on voyage, sur la route, quand on visite une ville…et trouver des toilettes pour se piquer sereinement. Tout changement de routine est une expédition. Finis aussi les événements non programmés.
Martial développe une autre complication: la rétention d’urine, sa vessie ne se vide pas assez, il va devoir s’auto-sonder s’il ne veut pas risquer une dialyse à terme. Tout cela impacte son optimisme naturel, d’autant que ce matériel prend énormément de place.
De l’humour à chaque page, de la dérision, un album avec une foule de précisions techniques sur le quotidien d’un diabétique sous insuline. Désopilant, une véritable réussite.
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